Estime & Confiance en Soi : Le Socle et l’Elan

Bon nombre de parents, inquiets, me sollicitent pour que leur enfant apprenne à avoir confiance en lui…

Il manque de confiance en lui”, “Notre enfant n’a pas confiance”.

Je vais profiter de ces demandes fréquentes pour faire un point sur ce qu’est la confiance en soi et surtout l’estime de soi.


Il y a souvent confusion entre les deux, du fait que la littérature ou les magazines parlent plus souvent de la confiance que de l’estime qui en est pourtant la base sur laquelle peut venir s’appuyer la confiance en soi.


L’estime de soi se construit tôt dans l’enfance. L’enfant, par ses propres ressentis et expériences, par le réconfort et les encouragements prodigués par sa famille, son environnement, va forger son propre système de valeurs internes.

S’il reçoit des références vraies, solides et positives, son estime de lui sera valable : “C’est formidable !”, “je trouve que tu as fait de ton mieux, bravo !”, “je suis fier de toi”, “je t’aime”.

Je dis “vraies” car ces jolis mots sont à exprimer avec le cœur et le corps afin qu’ils s’ancrent en retour, dans le corps et le cœur de l’enfant. Dis avec le mental, parce que le dernier bouquin de psychologie positive lu vous l’a affirmé, ne suffit pas. Le Vrai à besoin de conviction pour s’épanouir….

Avec l’estime, il s’agit de répondre à la question “est-ce que et comment me considère-je comme quelqu'un de valable ?”. Merci de ne pas poser cette question à votre enfant, cela n’aurait aucun sens pour lui. Écouter plutôt la façon dont il parle de lui et sa capacité à se féliciter.

Soyez fin observateur... Sans que cela ne tourne à l’interrogatoire :"Mais enfin pourquoi ne t'aimes-tu pas ? Explique nous tout ! Avec tout ce qu'on fait pour toi". "Qu'avons-nous louper, Barnabé ?? Réponds et sois précis"... ou à la surenchère de compliments extatiques : "Ho Pupuce, tu es la plus merveilleuse petite fille du monde entier et chaque jour, tu fais la fierté de tes parents, heureux grâce à toi"... Vous voyez l'idée... Evitez le trop avec les enfants, dans quelque sens que ce soit.

Vous comprendrez que des propos comme “je vais te mettre à l’orphelinat si tu continues !”, “si j’avais su, je n'aurais pas eu d’enfant !” ou “tu es vraiment inutile !” ne vont pas dans le sens d’un soutien à l’estime de soi.


Pour jauger votre propre estime, vérifier si parfois il vous arrive de penser que vous ne valez pas grand-chose ou que vous ne vous aimez pas beaucoup. Ce sont de bons témoins.

D’ailleurs, il est préférable de dire à son enfant que l’on ne s’estime pas beaucoup parce qu’on n’a pas reçu les matériaux pour quand on était enfant, plutôt que de faire semblant par crainte que votre enfant s’engouffre ou s'imprègne de vos failles supposées.

Dites-lui les choses en tout simple : “Tu sais quand j’étais petit, mon papa et maman ne m’ont pas dit “je t’aime” ou qu’ils étaient fiers de moi tel que je suis. Alors dès fois, je ne sais pas faire avec toi, mais j’ai envie d’apprendre. Je souhaite que tu te débrouilles mieux que moi. Et je vais t’aider pour ça ! Je suis fier de nous, tiens !


Après l’estime, la confiance… La confiance en soi est une ressource ponctuelle que nous allons mettre en œuvre pour passer à l’action dans une situation spécifique. Elle ne sera pas mobilisée de façon continue type “J’ai trop la confiance H24 !”. Celle-ci repose sur la multiplicité des expériences vécues et l’engagement que nous y avons mis.

Aussi, lorsque les parents me disent que leur enfant n’a pas confiance en lui, de quoi parlent-ils exactement ? A-t-il peur de prendre la parole dans sa classe ? Appréhende-t-il de devoir aller seul acheter du pain en boulangerie ? Hésite-il à donner les réponses ou se lancer sur un exercice sans vérification préalable auprès de la maîtresse ? Alors oui, ici, il s’agit de confiance en soi car il y a demande de mise en action, de prise d’initiative, dans une situation précise. Un peu comme le trac pour le comédien entrant dans la lumière de la scène. “Je vais y arriver ! Je suis capable de mobiliser mes ressources pour mener à bien cet objectif. De toutes façons, j'ai ma cape de Superman, alors tout ira bien ! Et puis, si je me trompe ou si je n’y arrive pas et bien ça arrive ! C’est une expérience comme une autre (et une question de temps). Je recommencerai, je prendrai un autre chemin ou je demanderai de l’aide car je sais que je suis bien entouré(e)…

Pour encourager sa confiance en soi, il est important de considérer chaque expérience comme une possibilité d’apprendre autrement et non le lire de façon duelle type : réussite ou échec. Un 8 sur 20 en maths était pour moi, une réelle réussite, au lycée; pour ma sœur, une véritable hécatombe… Vous saisissez ? Chacun son cadre de référence.


Par contre, si l’enfant se trouve nul, incapable ou inutile, alors ici, il s’agit d’un constat de valeurs donc d’estime de soi. Dans ces cas de figures, il s’agit d’accompagner l’enfant à modifier ses valeurs internes vers davantage de positif. En considérant que le positif n’est pas un mantra du type “je vais bien, tout va bien” mais plutôt la vie en train de se vivre dans son plein élan créateur. Aussi facétieuse puisse-t-elle être…


Ainsi, l’estime de soi est le socle sur lequel peut et va s’appuyer l’élan de confiance en soi. Vous comprendrez ainsi que l’estime est base, lorsque la confiance est action. Si sécurité intérieure et estime de soi sont joyeusement tissées depuis le plus jeune âge, alors la confiance a un joli trampoline pour prendre son essor.


A bientôt. Si vous avez aimé : partager ;)

Stéphanie Veston

30 Avril 2021



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